Vincent Bioulès

 ( 1938, Montpellier, France)

Biographie

Vincent Bioulès est né le 5 mars 1938 à Montpellier, dans une famille de musiciens. En 1957, il entre à l'Ecole des Beaux-Arts de Montpellier, où il rencontre Jean Azémard, Claude Viallat et François Rouan, ainsi qu'à la faculté de Lettres. C'est en 1961 qu'il s'installe à Paris où il fréquente l'Ecole des Beaux-Arts ; il y rencontre Michel Parmentier et Pierre Buraglio . Logiste pour le concours de Rome, il obtient un grand prix. Dès 1964, il est de retour à Montpellier où il installe son atelier. En 1969, Bioulès fonde à Montpellier, avec Alkema, Azemard, Clément et Vermeille le groupe ABC productions avec pour objectif de dénoncer l'incapacité des structures traditionnelles à diffuser l'art vivant et revendiquer l'autonomie culturelle. En juillet 1970, le travail du groupe est présenté à Coaraze (Alpes maritimes).
La première exposition en 1970 à l'Arc au musée d'art moderne de Paris portera le nom de Supports/surfaces, nom inventé par Bioulès. En 1982, Vincent Bioulès s'essaie à l'enseignement en devenant professeur aux Beaux-Arts de Nîmes puis aux beaux-Arts de Montpellier en 1988 et, enfin, en 1991 à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Présentation

D'abord influencé par un peintre tel que Borès, il s'inspire ensuite du travail pictural de Hantaî et de Sam Francis. En avril 1965, Bioulès produit un tableau très imprégné du travail de Matisse. Dès 1966, à la Biennale de Venise, il découvre la peinture américaine. Au milieu des années 70, Vincent Bioulès cesse de produire de l'abstraction, et se tourne de nouveau vers la peinture figurative, portrait et paysage. La production d'une série de tableaux illustrant une fontaine et une place d'Aix en Provence sont la preuve de son retour à la figuration (1976-1978). Les toiles de 1972-1973 seront des fenêtres, car c'est à travers elles que Bioulès se propose d'explorer le monde. A partir de 1976, Bioulès réinvestit le sujet comme il parcourt le monde. Il interroge la peinture , sa fonction, le lieu de son élaboration. L'espace encombré a fait place au vide: l'atelier est une cellule débarrassée des accessoires. Bioulès n'occupe pas le lieu de manière explicite; les outils, le carton à dessin et une ou deux petites toiles suggèrent simplement l'activité. C'est à la fin des années 78 que Bioulès s'intéresse à la figure humaine. Dans une sorte de logique de la hiérarchie des genres et des spéculations picturales, il peint des portraits.
"Il n'est pas question de faire un parallèle entre mon expérience et l'oeuvre de Cézanne. Ce serait à la fois d'une prétention inouïe et parfaitement ridicule. Je ne considère absolument pas Cézanne comme un modèle. Cézanne par contre est un exemple. Un exemple de probité et de courage."

Vincent Bioulès

"J'ai commencé à peindre dans ma chambre. Je posais une boîte sur ma table de travail et une toile sur une chaise qui me servait de chevalet."

Vincent Bioulès

"Je fais partie de l'art français mais je ne le représente pas officiellement. Je ne suis pas un peintre qu'on expose dans les Foires comme si j'étais un étendard, comme si j'étais une image, une étiquette qui représenteraient la sensibilité ou bien l'intelligence d'une nation. Ce n'est pas mon cas et cela m'est complètement indifférent."

Vincent Bioulès



Vincent Bioulès , complément d'objet

Les paysages de Vincent Bioulès ont leur propre grammaire ; le sujet s'en dérobe et le verbe, arrêté, demeure par le motif. Le peintre va comme Cézanne, sur les champs, les vallons et forêts, accueillir des images dans son propre langage. L'artiste se déplace ; et quittant l'atelier pour la lumière du jour, la toile reçoit de ce voyage l'action de son pinceau. Syntaxiquement « quoi ? », les paysages de Bioulès sont des compléments d'objet direct.
La peinture figurative, dans le but qu'elle se donne de faire passer le réel dans la réalité, a toujours cette fonction complémentaire. La représentation vient à l'appui de son modèle, prospérer en lignes et couleurs. Les œuvres que Vincent Bioulès présente aujourd'hui aux galeries Bernard Ceysson et Vieille du Temple ne procèdent pourtant pas de cette peinture. Ses paysages de fusain, pastel et gouache sont composés par la mémoire des yeux et de la main, au gré des souvenirs. Rémanences de visions parfois lointaines, ces œuvres n'ont rien de la figuration qu'on connaît de Bioulès, de ces Ponts de Céret ni des sévères beautés du Canigou. C'est que le peintre n'a pas cherché de monuments, mais des lignes de fuite, en perspective de l'inconscient. Les toiles sont donc des « souvenirs écrans », proches dans leurs intentions des années Supports/ Surfaces. Aussi ne sont-elles plus des compléments d'objet direct, mais des récits médiats par la pré-position subjective du souvenir. Il ne s'agit plus dans ce travail de peindre « quoi ? », mais de chercher « pour quoi, pour qui, contre quoi, contre qui ? ». Changeant de fonction lexicale, la peinture se fait ici complément de l'âme, cet objet indirect.
Pour la critique, le peintre est un relaps : figuratif croyant, réformé dans l'abstraction, finalement reconverti dans un naturalisme postmoderniste. Cette succession de formes, entrelacées dans la constitution d'une même langue picturale, est moins inconstante qu'on voudrait le croire. Une seule variable traverse toute l'œuvre de Vincent Bioulès , c'est la nature du complément de sa peinture. L'artiste organise les objets de son désir en fonction de leur sens et non de leur image. Lorsque ce désir, extrinsèque, se trouve aux flancs des montagnes du midi, Bioulès va sur le motif. Si le désir de peindre se trouve au cœur, il lui faut vaincre l'émotif.

Alexis Jakubowicz
Expositions monographiques à la galerie
Vincent Bioulès, Paris
02 Juin - 24 Juillet 2010


Expositions de groupe à la galerie
SUPPORTS / SURFACES, Saint-Étienne
30 Mai - 30 Août 2008


2004
Chapelle des Capucins, Aigues-Mortes, Galerie Hélène Trintignan, Montpellier

2003
Villa Tamaris, La Seyne sur Mer
Espace Ecureuil, Toulouse
Galerie Alain Paire, Aix en Provence
Atelier Cézanne, Aix-en-Provence

2002
A l'intérieur des terres, Galerie Hélène Trintignan, Montpellier
Galerie Vidal Saint-Phalle, Paris
Fondation Regards de Provence, Marseille

2001
Portraits, nus, paysages et mythologies, Musée d'Art Roger-Quilliot, Clermont-Ferrand

2000
Mythologies, Galerie Vidal Saint Phalle

1999
Vincent Bioulès, jalons, 40 ans de peinture, Centre Rhénan d'Art Contemporain Altkirch, Alsace

1998
Dessins sur le temps liturgique de l'Avent et Noël, Pâques, Pentecôte, La Toussaint, Galerie Saint-Séverein, Paris
Les Années Supports/Surfaces dans les collections du Centre Georges Pompidou, Musée du Jeu de Paume, Paris
Galerie Charlotte Moser, Genève

1997
Sur le motif II ou le Port de Carnon, Galerie Hélène Trintignan, Montpellier

1996
Sur le Motif I, Galerie Vidal Saint Phalle

1995
Le paysage à Marseille dans les années 90 Galerie Athanor
Vincent Bioulès : Parcours 1965-1995, musée de Toulon
La peinture en vacances, Galerie Hélène Trintignan, Montpellier
Vincent Bioulès : Parcours , 1965-1995, Pavillon d Musée Fabre, Montpellier

1994
Dessins-Peintures, Ecole Régionale des beaux Arts, Valence

1993
Nues, Galerie Vidal-Saint Phalle, Paris
Espaces et Figures, Galerie l'Oeil écoute, Lyon

1992
Nues, musée d'Art Moderne, Saint-Etienne

1991
Peintures 1958-1991 - Le tableau, la fenêtre … - Centre d'Art Contemporain, Saint-Priest
Musée Picasso, Antibes
Galerie Hélène Trintignan

1990
Vincent Bioulès, rétrospective de l'œuvre graphique, 1957-1990, Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d'Olonne
Portraits, nus et paysages (œuvre graphique), Galerie de l'école nationale supérieure des Baeux-Arts, Paris

1988
Galerie Daniel Templon, Paris
Portraits, Galerie d'Art Contemporain Saint Ravy-Demangel, Montpellier
Peintures-Dessins, Galerie Hélène Trintignan, Montpellier

1987
Maison des Arts, Evreux
Bioulès au quotidien, Musée de Collioure

1986
Théâtre Municipal, Brive-la-Gaillarde

1985
Galerie Daniel Templon, Paris

1984
Galerie Medamothi, Montpellier
Institut français, Saragosse
Galerie d'Art Contemporain des Musées de Nice

1982
Galerie Robert Miller, New York

1981
Galerie Daniel Templon, Paris

1979
Galerie Daniel Templon, Paris
Neue Werke, Galerie Bruno Bischofberger, Zürich

1978
Galerie Daniel Templon, Paris
Galerie Pierre Dainat, Montpellier

1977
Musée Fabre, Montpellier
Galerie Pierre Dainat, Montpellier
Galerie Daniel Templon, Paris

1976
Galerie Adda, Marseille

1975
Galerie Aarp, Paris
La peinture en vacances, Galerie Pierre Dainat, Montpellier

1974
Galerie Rencontres, Paris
Galerie Flux, Perpignan

1972
Pages de carnets, Galerie Pierre Dainat, Montpellier

1967
Peintures récentes, chez Monsieur et Madame Dominique Charvet, Montpellier


Expositions à la galerie Bernard Ceysson

2008
Expositions Collectives, Supports / Surfaces, Galerie Bernard Ceysson, Saint-Etienne, voir la fiche de l'exposition.
1981
Marcelin Pleynet, Galerie Templon, Paris

1986
Philippe Dagen, Théâtre, Brive-la-Gaillarde

1987
Didier Ottinger, Musée de Collioure

1990
Catherine et Stéphane Guégan, Rétrospective de l'œuvre graphique 1957-1990, Musée des Sables d'Olonne

1991
Didier Ottinger, Peintures 1958-1991, Centre d'Art Contemporain de Saint-Priest et Musée Picasso d'Antibes

1992-93
Bernard Ceysson, Jacques Bauffet, Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne

1995
Nathalie Bertrand, Bernard Ceysson, Yves Michaud, Jean-Roger Soubiran, Musée de Toulon
Vincent Bioulès, "Peindre entre les lignes", Collection Ecrits d'artistes (énsp-a), Paris