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Jean-Marc Cérino

10 Mars - 15 Mai 2010 



Artiste de l'exposition :
Jean-Marc Cerino, Plus d'infos sur Jean-Marc Cerino


 



Vues d'ensemble :



 Jean-Marc Cérino Jean-Marc Cérino Jean-Marc Cérino Jean-Marc Cérino Jean-Marc Cérino Jean-Marc Cérino 

Notice de l’exposition :



 Jean-Marc Cerino est peintre. Il peint à la cire ou à l'encaustique, une technique réputée dès l'Antiquité qui exige un savoir-faire méticuleux et parfaitement maîtrisé. Cette pratique, après de délicates opérations de recouvrement, de brûlement et de polissage, donne à la surface de la peinture l'éclat du marbre et une fragilité qui va de pair avec une grande résistance : la peinture est ineffaçable. Au XVIIIe siècle la passion pour l'Antiquité suscita un fort engouement pour cette technique et son histoire. Au XXe siècle, quelques peintres et non des moindres, Jasper Johns, Victor Brauner, Brice Marden s'adonnèrent à sa pratique. Aujourd'hui, différemment, Philippe Cognée et Jean-Marc Cerino y recourent comme pour affirmer leur foi dans la pérennité de la peinture.
À Jean-Marc Cerino elle permet d'inscrire ses modèles, ses représentations, dans une sorte d'intemporalité que souligne et exprime leur impassabilité. Mais cette fixité n'est pas mortifère comme celle qui caractérise l'image photographique. Elle n'embaume pas dans l'éternité de la mort et du souvenir. Pourtant l'artiste travaille à partir de photographies, c'est-à-dire d'images plates dont la technique déporte les représentations hors de toute réalité dans un passé à jamais et ce dès la prise de vue. L'artiste par le choix de la peinture à la cire ou du brou de noix sur un support transparent souligne qu'il ne peint pas ces images à quoi l'on veut réduire, aujourd'hui, la réalité du réel, c'est-à-dire de la vie dans l'histoire. Il peint à partir de photographies pour rétablir la vérité qui est en amont et en aval des images et en déborde le cadrage. Il peint pour signifier que leur démontage et leur remontage ne produisent que des effets évanescents, des effets de "médias". Jean-Marc Cerino se souvient de Cézanne qui voulait dire la vérité en peinture. De Cézanne qui peignant le paysage aixois voulait tout savoir et comprendre de sa géologie et de sa formation au cours des âges. Dire en peinture la vérité des guerres si proches, des massacres, des tueries, des désastres qui rythment la course folle du temps humain et nous portent à douter de la santé mentale de cette espèce sauvage qui prétend transformer le monde, c'est arracher le sujet à la représentation immatérielle de la photographie, aller au-delà de l'illustration et du constat ; dire, en face, des repentirs d'une histoire qui ne se repent pas, en peinture, la vérité dont de rares êtres sur la terre s'emploient à énoncer les propositions possibles, c'est dans leur portrait même faire ce travail que voulait Cézanne : donner à voir les strates de savoir qui nourrissent leur pensée et l'activent. L'ancienneté de la peinture à la cire assure un présent toujours, en face de la face de l'œuvre, qui abolit le commentaire diseur du goût, de la mode, de l'émergence, de la compassion complaisante.
La narrativité de la photographie ou de la vidéo, la théâtralité de l'installation, les jeux illusionnistes de l'usage virtuose de la peinture à l'huile, la propension aux aplats opaques de couleurs vives de l'acrylique, ne semblent pas selon l'artiste lui ouvrir le chemin vers cette vérité. Les contraintes artisanales de l'encaustique ou du brou de noix interdisent toute dérives expressionnistes, toute emphase décorative. Elles soumettent le sujet, le thème, à la matérialité de la peinture, à son histoire. Et les y impliquent. Chacune des œuvres de Jean-Marc Cerino s'expose et s'impose d'abord comme travail de peinture. Ses figures qui apparaissent à notre regard, venues d'un fond de glaces d'où montent, de leur feuilleté de transparences opaques et profondes, leurs pâles colorations de neiges chaudes, sont belles et vivantes. Et elles sont tout aussi bien décoratives dans et par la vérité matérielle, physique, des pigments liés à l'encaustique. Cette matérialité les libère de la représentation. Elles peuvent être contemplées. Elles ne s'abaissent pas au pathétique qui prive de savoir et de pensée dialectique. La peinture leur donne longue vie, comme l'écrivait Alberti, et nous les rend familières et immémoriales. Elles n'accablent pas l'histoire. Elles ne témoignent pas de son charroi d'événements inhumains. Elles exposent non pas ce qui la transcende, mais, au-dessus de ses éboulis, une vérité inaliénable qui rend possible et de peindre et de vivre. Malgré les hommes et leurs histoires.  





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