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Champion Métadier

04 Septembre - 21 Octobre 2010 



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Vues d'ensemble :



 Champion Métadier Champion Métadier Champion Métadier Champion Métadier Champion Métadier 

Notice de l’exposition :



 CHAMPION MÉTADIER

Timetrackers séries II & III



4 SEPTEMBRE / 21 OCTOBRE 2010


Champion Métadier présentera deux séries exceptionnelles, les Timetrackers séries II & III. Ces deux séries font suite aux Timetrackers série I qui ont été exposés dans des lieux prestigieux tels que le Chelsea Art Museum, à New York, le Musée d’Art moderne et d’art contemporain, à Nice, et le Musée des Beaux-Arts, à Nancy.

Les oeuvres seront regroupées autour d’un impressionnant diptyque dont l’intensité colorée semble se nourrir de la matière dense de son fond noir.
Les objets des Timetrackers s’inscrivent sur ce fond de lumière noire, telles des étoiles illuminant le vide sidéral. Face à nous, ils sont là, comme des blasons, emblèmes de la présence de réalités surgissant d’univers inaccessibles, ou, encore en expansion, depuis des millions d’années dans un espace-temps à jamais présent.

Cette description narrative, les oeuvres la suscitent, dés que le spectateur se libère de l’état de totale sidération dans lequel elles le plongent, tant est fort et exquis leur rayonnement fluorescent, si étonnamment « pop ». Aussi excitant que les publicités lumineuses de Times Square, il ne dénature pas la réalité picturale que ces peintures revendiquent.
Alors que, dans le même temps, ces œuvres suggèrent de possibles récits, tels ceux qui, dans les songes ou les rêves éveillés, se déroulent hors du contrôle de la raison, hors des images mêmes que songes et rêves font lever de l’inconscient.
Comment ne pas dire que la lumière qui émane de ces objets ou mieux qui les traverse, irradie de ces fonds noirs. Le lent façonnage du pigment qui les constitue nous les donne à voir comme des condensés d’énergies dont la puissance serait portée au point de tension de leur libération imminente.
Cette lumière jamais ne pointe à notre œil. C’est une lumière fascinante, attractive. Elle aspire dans son atmosphère le regardeur qui semble aller vers elle pour se diluer dans les formes auratiques qu’elle anime.
La précision du délinéé de leur contour accentue l’énergie du concentré de lumière et de couleur qui, picturalement, les matérialise et les dote d’une puissante capacité hypnotique.

Cette description narrative, qui s’y hasarde, devient vite conscient d’une part que ces œuvres sont des démonstrations implacables des pouvoirs de la peinture et de ce qu’André Chastel appelait le pouvoir du style, et d’autre part qu’elles sont, par cela même, des appels à son dépassement.
Ce qui surprend est le fait que cette description narrative soit, paradoxalement, déclenchée par des œuvres dont la description même, dès que tentée, s’avère quasiment impossible. Or, chacune des images qu’invente l’artiste se révèle propice à des jeux de références qui vont d’objets du quotidien aux jouets de l’enfance, ou à des fragments du corps. Il n’en reste pas moins qu’elles ne peuvent être nommées.
Même si l’on peut les imaginer se concrétiser en de surprenantes sculptures post pop entre Wesselman et, comment ne pas y penser, Bellmer, incarnées donc dans des corps de matière lisse et transparente illuminée de l’intérieur. Mais elles se banaliseraient et s’aviliraient dans l’exhibition de leur design. Elles deviendraient descriptibles. Or, en peinture, elles ne le sont pas et ne peuvent l’être.

Le tour de force de Champion Métadier, dans cette série d’œuvres récentes, est d’avoir surfé sur des flux d’ambiguïtés littéralement fascinants, tout en intensifiant la force décorative de ces objets. Les Timetrackers nous offrent un accomplissement visuellement efficace, des aspirations d’une nouvelle expression contemporaine.

Dans son livre récent sur la situation de l’abstraction contemporaine, Painting Abstraction : New elements in abstract painting, Bob Nickas propose de ranger sous la rubrique Hybrid Pictures, un certain nombre d’œuvres où sont figurés des formes anthropomorphiques ou des paysages fragmentés et déconstruits se décomposant sur et dans le fond du tableau. Les œuvres de Carrie Moyer y côtoient celles de Kristen Baker et Alex Brown.
Mais celles de Champion Métadier ne pourraient s’y inclure. Ses œuvres défient toute catégorie réductrice. L’ambiguité de la représentation n’est pas recherchée pour elle-même. Ce qui importe à l’artiste, c’est bien davantage de porter à ses limites la tension entre représentation et abstraction.

Répétons-le : aucun des objets de la récente série des Timetrackers n’est séparable de la matière noire opaque, mais lumineuse, qui est - hasardons-nous encore à un oxymore permettant de comprendre le jeu d’associations que l’artiste affectionne, à la fois le vide et le plein.
C’est un trou noir. Il est aussi méticuleusement peint que ce qu’il sertit, tels ces écrins de riche velours où sont découpés avec soin et précision la forme de l’objet qu’ils doivent mettre en valeur. Celui-ci y est comme incrusté. La face visible de l’objet et la face de l’écrin où cet objet est offert à notre convoitise, et à notre désir, se retrouvent alors sur le même plan.
Ainsi conçu, le noir construit de pigments denses, que l’œil éprouve de manière quasi tactile, est donc l’un des principaux constituants de l’œuvre, partie essentielle de la figure que chaque œuvre est , dans sa totalité, jusqu’aux limites, et aux bords, de son étendue et de sa complexité.
Car il reste , dans ces œuvres, quelque chose de l’efficacité du hard edge , mis au service d’un feuilleté de signifiés qui interdit d’affirmer, ici, que ce que nous voyons n’est rien d’autre que ce que nous voyons. Le noir magnifie en aplat sa profondeur, une profondeur infinie, celle de l’espace- temps. La figure nous renvoie, tout soudain, lorsque nous tentons de la saisir, de cette simplicité trompe-l’œil à la bien réelle complexité des volumes rabattus sur le plan, qu’elle combine avec lui. Leur présence masquée et, dans le même temps révélée, feint, sur ce fond dense de matière noire, une animation qui éblouit et leurre le regard du regardeur, pris dans une navette visuelle activée qui passe des formes à la figure. De la figure aux formes. C’est dans ce lancer que se lèvent les fables qui les nourrissent et qu’elles configurent Il n’égare jamais le regard, celui du spectateur, hors du tableau qui leur donne réalité dans la réalité proclamée de la peinture. Le spectateur, qui, en face de l’œuvre, n’en croit jamais ses yeux, se voit ainsi, toujours, retourné son regard en un effet de boomerang et de miroir assez perturbant.

Champion Métadier nous révèle ainsi la réalité du voir contemporain, remis en question dans sa substance, et dans son effectuation même, dès qu’il croit accéder à la vérité du réel.


 





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