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Assan Smati - Für Immer

21 Octobre - 20 Novembre 2011 



Artiste de l'exposition :


 



Vues d'ensemble :



 Assan Smati - Für Immer Assan Smati - Für Immer Assan Smati - Für Immer 

Notice de l’exposition :



 Assan SMATI

Assan Smati est un artiste complet. Comme les artistes d’autrefois, il dessine, peint, sculpte, grave. Comme les artistes de
son temps, il photographie, utilise les outils informatiques et construit des installations. Il est incontestablement un « virtuose
», un maître, de la gravure et de l’estampe. Il s’adonne avec jubilation à la gravure sur bois qu’il pratique en grandes
dimensions jusqu’aux limites qu’imposent les papiers et les dispositifs techniques. Mais il n’ignore rien de ce qu’autorisent et
facilitent, non sans risque, à un dessinateur de sa trempe, la pointe sèche, le burin, l’eau-forte et l’aquatinte. Il est surtout un
sculpteur qui sait modeler mais affectionne la taille directe, les contraintes qu’elle impose, l’énergie et le métier qu’elle exige.
L’exigence et l’énergie caractérisent le travail d’Assan Smati. Il se délecte à la conception de projets à la limite de l’impossible.
Par défi à lui-même et aux artistes du passé et du présent qu’il admire. Il travaille seul. Il modèle, taille, seul, cheval,
centaure, colonne, benne, éléphant, créatures hybrides, têtes colossales, pylônes totémiques. Il fabrique lui-même, seul, les
moules de ses sculptures. Il coule plomb et résine, seul. Et, seul encore, il construit ses socles de lourd acier. Des socles
indissociables de ses oeuvres, comme chez Brancusi.
Assan Smati a été formé dans une ambiance où régnait l’influence de l’art minimal, mais où étaient visibles les oeuvres
de Baselitz, de Lüpertz et d’Immendorf. D’emblée, il a entrepris de conjuguer ces deux pôles apparemment opposés. Ses
oeuvres sont imprégnées de la radicalité et de la monumentalité de l’art minimal. Elles jouent sur leur poids, la sensation
quasiment tactile de leur matérialité, leurs dimensions, leurs placements possibles dans l’espace et dans les lieux où l’artiste
les dispose. La peau bleue, lisse, tendue, du cheval, celle, rose, du centaure, produisent les mêmes effets lumineux, les mêmes
jeux de reflets que certains volumes de Judd ou que les planches de John McCracken. Dans le même temps, les aspérités
du plomb fondu du Paria, de L’Éléphant, les cordons ombilicaux des coulées dans les évents laissés visibles, les rugosités du
bois imparfaitement poncé des deux pylônes de Dos Santos, tendent vers une expressivité imprégnée de l’art de Baselitz.
Entre les deux, les têtes en plâtre modelé puis taillé, sont soigneusement poncées, polies et cirées. Mais elles sont érigées
sur des socles d’acier brutalement découpé, aux faces rudement soudées et aux bords non ébarbés. De ce contraste brutal,
naît un conflit expressif qui sert autant le sujet de ces oeuvres qu’une réflexion sur la sculpture qui n’oppose plus, mais allie,
l’enveloppe lisse et tendue à la Brancusi aux creusements et aux saillies de la surface à la Rodin, marquée donc de la main et
de l’outil. Cette réflexion, ici, s’inscrit dans un contexte contemporain. Mais elle me semble prendre en compte, certes différemment,
celle que mettait en oeuvre Michel-Ange dans son accentuation des tensions qu’engendre l’opposition du finito
et du non finito. On en connaît les implications néoplatoniciennes développées dans les cercles lettrés florentins et romains.
Elles perdurent dans les sculptures d’Assan Smati. L’imperfection du non finito, comme les hybridations des représentations
: éléphant à oreille humaine, chien à torse d’homme, centaure dont le corps équestre se combine à un torse humain et à
une tête d’africain, expriment à l’instar de certaines istorie du Quattrocento, la difficulté pour toute créature de s’évader de
sa gangue matérielle, de son corps, afin d’accéder à la spiritualité. Mais le registre symbolique se décale ici de ses sources
anciennes. Le Centaure en est l’exemple éclatant. Cette sculpture en résine est soigneusement laquée et polie. Son « fini
» d’oeuvre, d’objet, s’exhibe. Mais la représentation, elle, se désigne comme celle de l’inachevé, de l’humain non abouti, d’un
être hiérarchiquement situé, selon un darwinisme ironique, entre l’homo sapiens et la bête.
Nous sommes toujours dans la dialectique du finito et du non finito. Mais Assan Smati ne vit ni dans le sillage de Marsile
Ficin ni dans l’ambiance de Vittoria Colonna. africain éclaire le propos. Et renvoie à l’homme occidental ses préjugés et son
histoire qui n’est pas celle de tous les humains. L’art d’Assan Smati est politique parce qu’il s’ancre dans les traditions, les
exalte et les subvertit. Et les transcende non par l’expression d’un message, par le dirigisme d’un récit imagé, mais par la
manifestation des savoirs de peintre, de graveur, de sculpteur que l’artiste a su acquérir et maîtriser. Son recours à la figuration
n’est pas, comme chez tant d’autres artistes de sa génération, « tendance ». Il est en rupture aussi bien avec les dogmes
modernistes qu’avec les codes de correction de l’art contemporain. La beauté, l’actualité, la qualité de son art ne se mesure
pas à l’aune des normes de ces codes. Il est politiquement incorrect. Il les saccage et en déclare l’inanité. C’est pourquoi, il
s’établit et impose son droit. De fait, pour toujours, présent, parce qu’il cristallise, dans ses figures magistralement réalisées,
toutes les fables et les formes de l’art des êtres humains.

Bernard Ceysson 





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