Patrick Condouret

08 Septembre - 05 Novembre 2011

Luxembourg



Artiste de l'exposition : Patrick Condouret


 Imaginons un instant que l’on puisse récoler dans tous les arbres du monde, les mansardes, les grottes, les coins de fenêtres et les recoins de cave, les dessous de table et les malles de famille oubliées au grenier, toutes les toiles d’araignées. Des surfaces tissées dans la soie gluante, on pourrait rouler dans la paume de nos mains une sphère à l’échelle des plus vastes objets du monde. Cette épuisette pourrait déferler dans l’espace, le vider de ses meubles, néantiser ses formes et négocier avec lui un vacuum vibrant.
« Quel est le schème de l'araignée ? Le schème de l’araignée c'est sa toile, et sa toile c’est la manière dont elle occupe l’espace et le temps. […] Il y a des cas d’araignées très extraordinaires où lorsque vous les mutilez d’une patte qui ne sert pourtant pas à la confection, elles font des toiles aberrantes par rapport à leur propre espèce, elles font des toiles pathologiques. »
Dans un très joli texte sur l’œuvre de Patrick Condouret, Pierre Tillet emprunte à Gilles Deleuze cette image, encore adaptée à l’exposition de la galerie Bernard Ceysson. Les sculptures de l’artiste font toujours l’hypothèse d’un piège tendu aux formes. Ses œuvres ont quelque chose des toiles d’araignée en étoiles, des amas d’objets diurnes ou des astres au pouvoir magnétique qui retiennent la matière dans un nid d’anecdotes. Suspendues dans les airs, ses œuvres se réinventent à chaque battement de cils. Stationnaires et pourtant très mobiles, elles ont de l’éphémère la pesanteur et la grâce.
À la galerie Bernard Ceysson les pelotes géantes sont aussi de minuscules couples atomiques. Patrick Condouret poursuit sa capture des formes selon un schème initié en 2000. Il réalise une boule dans un matériau et sculpte un volume équivalent en terre dans lequel il imprègne la forme du premier. Avec l’aide d’une céramiste professionnelle, il cuit l’argile et tente de déterminer un émaillage proche du modèle initial. L'écart entre l’original et la copie est présenté sur une simple table. Le sculpteur réduit l’échelle de ses compositions, mais modélise des trous noirs avec une énergie plus intense encore.