Louis Cane

08 Juin - 28 Juillet 2012

Paris



Artiste de l'exposition : Louis Cane


 Le déjà long intérêt que Louis Cane porte au thème des nymphéas participe des mêmes préoccupations, que l’on trouvait déjà dans les « Sol-Mur » ou dans les variations sur les « Ménines » : la dilution de l’objet du tableau qui offre toutes les libertés, l’immersion, la submersion du sujet. Les « nymphéas » matérialisent pareille à une porte, la frontière liquide entre ce qui se voit dans la lumière et ce qui s’imagine en dessous, et pour finir vous aspire. Elles vont lui permettre par glissements progressifs, au fil de l’eau, de revenir sur des problématiques antérieures : la traversée de la couleur, l’effacement du support, d’expérimenter de nouvelles manières de peindre, de nouveaux supports. Ainsi depuis le début des années 2000 sur des grillage en acier inox à mailles serrées (séries : « nymphéas », « air coloré » ou « eau colorée »). Parfois la couleur matériellement disparaît comme à la surface de l’étang, intégrée dans la masse du fil d’acier, dont les couches superposées feront vibrer la lumière. Ou bien se replie sur les deux faces du châssis auquel se réduit le tableau. Ou bien cette couleur est absorbée dans des galettes de résine accrochées sur la grille métallique du support.

J’ai envie de laisser à Louis Cane le soin de conclure

« …En fait je dis que le métier de peintre ce pourrait être le métier de la couleur …C’est comme ça la peinture : a-prendre la couleur pour reconnaître le pour-quoi de cette envie de faire langage avec elle. Ce langage… qui indique la forme de désir que le peintre va entretenir et fantasmer avec la malléabilité de la couleur…dont l’absence apparente de sens en fait une matière d’autant plus désirable…qu’elle semble sans résistance… Pour être plus exacte …je suis forcer de reconnaître que cette malléabilité de la couleur n’est qu’apparente. Car en tant que peintre, voir la couleur demande non seulement de travailler les moyens techniques…mais demande aussi de prendre connaissance de la transformation de ces moyens à travers leur incessante augmentation due au pouvoir imaginatif de la couleur. C’est dans cette mesure que l’artiste, en se transformant, transforme sa vue de la couleur…J’ai commencé à voir la couleur à partir du moment où j’ai été capable de me voir moi-même…à partir du moment où le trop plein d’un refoulement a débordé sur la toile…C’est dans ce chroma qu’il a fallu mettre de l’autre ; le métier de peintre, la méthode ont fait la part des choses. Mais n’est pas là le propre du métier de peintre ?... »

Jean-Paul Blanchet