Automne Photo

24 Septembre 2009 - 01 Janvier 2010

Saint-Etienne



Artistes de l'exposition : Roselyne Titaud
Jean-Antoine Raveyre
Louise Bossut


 La galerie Bernard Ceysson propose, cet automne 2009, une exposition consacrée aux travaux de quatre jeunes photographes européens.

Jean-Antoine Raveyre, dont la galerie présentera également un « one man show » lors de Docks Art Fair, aborde la photographie comme une vaste scène de théâtre où se mêlent de nombreuses références aux grands maîtres de la peinture occidentale. À la manière de Gregory Crewdson, ses œuvres nécessitent de long mois d’élaboration et de production. Il nous donne à voir une réalité illusoire faite de décors peints, où les personnages semblent jouer avec leurs propres images.

Louise Bossut aborde également l’humain, le corps, la chair. Son travail, comme celui de Jean-Antoine Raveyre, rappelle le vocabulaire pictural des maîtres de la Renaissance italienne et flamande. Dans son œuvre, pas de décors illusionnistes. Dans ses photographies, le corps affirme sa nudité, sa vérité physique. Il s’inscrit sur des fonds monochromes que module la lumière. La référence aux maîtres anciens installe ses personnages dans une sorte d’intemporalité qui transcende leur vécu et les arrache au cours du temps. Il émane de ces figures, comme des paysages, photographiés par Louis Bossut, que baignent des lumières de matins ou de fins d’après-midi, la nostalgie de ce qui a été et ne sera plus.

Dans la même idée d’objectivité photographique, l’œuvre de Roselyne Titaud peut être abordée comme une présentation clinique de nos intérieurs. Les chambres, halls d’entrées, salles de réfectoires sont toutes vides, vides de la présence humaine, vides aussi d’artifice tant le décor se résume à sa stricte vérité. C’est pourtant dans cette absence que se révèle l’humain. On ne peut pas voir ses photographies sans imaginer la vie des habitants, leur quotidien, sans rentrer doucement dans leur intimité, avec respect, avec pudeur.

Les portraits du photographe luxembourgeois Christian Mosar restent également empreints de ce formalisme. Dans la lignée de l’école de Düsseldorf et de Thomas Ruff, Mosar propose des images simples, cadrées à la manière des photographies d’identité. Les visages sont exposés à une lumière douce mais unie. Les rides, le grain de la peau, sa texture et celle des cheveux imposent leur présence que transcende l’énigme des regards où se manifeste une vie intérieure à laquelle nous sommes, à jamais, étrangers.