GALERIE BERNARD CEYSSON
8, rue des Creuses, 42000 SAINT-ÉTIENNE, FRANCE
Mobile : +33 (0)6 84 40 99 92
Biographie
Jean-Marc Cerino est né en 1965 à Jallieu, il s'installe à
Saint-Étienne dans le milieu des année 80. Après des études à l'École
Supérieure des Beaux-Arts et à l'Université Jean Monnet il occupe
durant plusieurs années un poste de chargé de missions au Musée d'art
moderne de Saint-Etienne avant de devenir enseignant à l'École
Supérieure des Beaux-Arts de Nîmes. Outre une participation régulière
à des expositions en France comme à l'étranger, Jean-Marc Cerino est
invité à de nombreux colloques et séminaires. Il réalise plusieurs
éditions et projets avec des philosophes contemporains et fait partie
du Comité de rédaction de la revue De(s)générations.
Jean-Marc Cerino est peintre. Il peint à la cire ou à l'encaustique, une technique réputée dès l'Antiquité qui exige un savoir-faire méticuleux et parfaitement maîtrisé. Cette pratique, après de délicates opérations de recouvrement, de brûlement et de polissage, donne à la surface de la peinture l'éclat du marbre et une fragilité qui va de pair avec une grande résistance : la peinture est ineffaçable. Au XVIIIe siècle la passion pour l'Antiquité suscita un fort engouement pour cette technique et son histoire. Au XXe siècle, quelques peintres et non des moindres, Jasper Johns, Victor Brauner, Brice Marden s'adonnèrent à sa pratique. Aujourd'hui, différemment, Philippe Cognée et Jean-Marc Cerino y recourent comme pour affirmer leur foi dans la pérennité de la peinture.
À Jean-Marc Cerino elle permet d'inscrire ses modèles, ses représentations, dans une sorte d'intemporalité que souligne et exprime leur impassabilité. Mais cette fixité n'est pas mortifère comme celle qui caractérise l'image photographique. Elle n'embaume pas dans l'éternité de la mort et du souvenir. Pourtant l'artiste travaille à partir de photographies, c'est-à-dire d'images plates dont la technique déporte les représentations hors de toute réalité dans un passé à jamais et ce dès la prise de vue. L'artiste par le choix de la peinture à la cire ou du brou de noix sur un support transparent souligne qu'il ne peint pas ces images à quoi l'on veut réduire, aujourd'hui, la réalité du réel, c'est-à-dire de la vie dans l'histoire. Il peint à partir de photographies pour rétablir la vérité qui est en amont et en aval des images et en déborde le cadrage. Il peint pour signifier que leur démontage et leur remontage ne produisent que des effets évanescents, des effets de "médias". Jean-Marc Cerino se souvient de Cézanne qui voulait dire la vérité en peinture. De Cézanne qui peignant le paysage aixois voulait tout savoir et comprendre de sa géologie et de sa formation au cours des âges. Dire en peinture la vérité des guerres si proches, des massacres, des tueries, des désastres qui rythment la course folle du temps humain et nous portent à douter de la santé mentale de cette espèce sauvage qui prétend transformer le monde, c'est arracher le sujet à la représentation immatérielle de la photographie, aller au-delà de l'illustration et du constat ; dire, en face, des repentirs d'une histoire qui ne se repent pas, en peinture, la vérité dont de rares êtres sur la terre s'emploient à énoncer les propositions possibles, c'est dans leur portrait même faire ce travail que voulait Cézanne : donner à voir les strates de savoir qui nourrissent leur pensée et l'activent. L'ancienneté de la peinture à la cire assure un présent toujours, en face de la face de l'œuvre, qui abolit le commentaire diseur du goût, de la mode, de l'émergence, de la compassion complaisante.
La narrativité de la photographie ou de la vidéo, la théâtralité de l'installation, les jeux illusionnistes de l'usage virtuose de la peinture à l'huile, la propension aux aplats opaques de couleurs vives de l'acrylique, ne semblent pas selon l'artiste lui ouvrir le chemin vers cette vérité. Les contraintes artisanales de l'encaustique ou du brou de noix interdisent toute dérive expressionniste, toute emphase décorative. Elles soumettent le sujet, le thème, à la matérialité de la peinture, à son histoire. Et les y impliquent. Chacune des œuvres de Jean-Marc Cerino s'expose et s'impose d'abord comme travail de peinture. Ses figures qui apparaissent à notre regard, venues d'un fond de glaces d'où montent, de leur feuilleté de transparences opaques et profondes, leurs pâles colorations de neiges chaudes, sont belles et vivantes. Et elles sont tout aussi bien décoratives dans et par la vérité matérielle, physique, des pigments liés à l'encaustique. Cette matérialité les libère de la représentation. Elles peuvent être contemplées. Elles ne s'abaissent pas au pathétique qui prive de savoir et de pensée dialectique. La peinture leur donne longue vie, comme l'écrivait Alberti, et nous les rend familières et immémoriales. Elles n'accablent pas l'histoire. Elles ne témoignent pas de son charroi d'événements inhumains. Elles exposent non pas ce qui la transcende, mais, au-dessus de ses éboulis, une vérité inaliénable qui rend possible et de peindre et de vivre. Malgré les hommes et leurs histoires.
Catalogues ou éditions consacrés au travail de Jean-Marc Cerino
Dépositions II, Musée de Bourgoin-Jallieu, 2009.
- Guillaume le Blanc, Lettre à un ami que je ne connais pas.
Dans les lanières des seuils, Monastère royal de Brou, collection Varia, Fage édition, 2008.
- Karim Ghaddab, Inventaire après liquidation.
- John Berger, Survivre aux murs.
Jean-Marc Cerino, Hôtel Rivet, #22, 2008.
- Daniel Dobbels, L’inconvenance du corps.
Dépositions III, 2006.
- Bernard Stiegler, Le temps de la prison.
Dépositions I, Villa du Parc, 2005.
- Michel Gaillot, Jean-Marc Cerino, Le lieu en offrande.
Jean-Marc Cerino. Savoir, c'est se souvenir, Musée de Bourgoin-Jallieu, 2001.
- Itzhak Goldberg, L'impression de la mémoire.
Les Portefays, Éditions des Cahiers Intempestifs, 2000.
- Frédéric Parmentier, Savoir, c'est se souvenir.
Être, c'est être perçu, Éditions des Cahiers Intempestifs, 1999.
- Jean-Claude Conésa, "Esse, est percipi".
- Jean-Luc Nancy, Passage.
Jean-Marc Cerino, SICMMAT Art Contemporain, 1996.
- Jacques Beauffet, Jean-Marc Cerino.
Textes consacrés au travail de Jean-Marc Cerino dans des ouvrages collectifs
- Christine Blanchet-Vaque Le nouveau choeur de l'église de Vassieux-en-Vercors : oeuvres de Jean-Marc Cerino et Carmelo Zagari, Arts, cultures et foi, n°37, septembre 2007, p. 14 à 16. (coécrit avec le frère Marc Chauveau, op)
- Christine Blanchet-Vaque Entretien avec Jean-Marc Cerino, actes du colloque Du spirituel dans l'art contemporain, Palais du Luxembourg, 31 janvier et 1er février 2003.Paris, éd. Ereme, 2003, p. 45 à 49.
- Christine Blanchet-Vaque "A propos du projet de vitraux de la collègiale Saint-Barnard à Romans-sur-Isère", Vitraux d'ici, vitraux d'ailleurs, propos d'artistes, catalogue d'exposition, Grignan, éd. Complicités, 2001, 77p.
Expositions à la galerie Bernard Ceysson
2009
Exposition Collective, Bagarre Générale / Dessins, Galerie Bernard Ceysson, Saint-Etienne.
2006
Songes de seuils, Galerie Bernard Ceysson, Saint-Etienne.
Exposition Collective, Bagarre générale, Galerie Bernard Ceysson, Saint-Etienne.
Expositions personnelles
2008
Dans les lanières des seuils, Musée de Brou, Monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse.
2006
Chez Paolo, 9 bis, Saint-Étienne.
Songes de seuils, Galerie Bernard Ceysson , Saint-Étienne.
Dépositions III, au 28 rue de l'Éternité, Saint-Étienne.
La rouille des signes, Passage de l’Art, Marseille.
Terrassiers de l’ombre, Espace d'art contemporain / Maison de la cure, Saint Restitut.
2005
Dépositions II, Musée de Bourgoin-Jallieu.
2004
Autour de Posture de mendiant, Galerie Sapet, Mirmande.
Dépositions I, Villa du Parc, Centre d'Art Contemporain, Annemasse.
Passage de témoins/Témoin de passages, La Galerie de l'artothèque, Bibliothèque de la Part-Dieu, Lyon.
2002
Posture de mendiant, Église Saint-Pierre, Piolenc, avec le soutien du Crestet Centre d'Art Contemporain.
Bilmek animsamaktir, Galerie de l'Institut Français d'Istanbul, Turquie.
2001
Situation d'armement, École des Beaux-Arts de Valence.
2000
Savoir, c'est se souvenir, Musée de Bourgoin-Jallieu.
Hommage à Callot, Galerie Dargent Reboul, Avignon.
À des amis qui nous ont manqué, Musée de la résistance et de la déportation, La Citadelle, Besançon.
Dessins sur Japon, Galerie Sapet, Mirmande.
1999
Passage, Musée de La Roche-sur-Yon.
Exister c'est être perçu, Galerie Carousel, Paris.
À un ami polonais vivant à 50 km d'Auschwitz, Musée Slaskie, Katowice, Pologne.
Les Ambassadeurs, Galerie IUFM Confluence(s), Lyon.
Expositions collectives (sélection)
2009
Bagarre Générale / Dessins, Dessins, Galerie Bernard Ceysson, Saint-Étienne.
2008
On.line, dessins contemporains, Angle art contemporain, Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Le visage qui s'efface, de Giacometti à Baselitz, Hôtel des Arts, Toulon.
Classeurs, Galerie du CAUE, Limoges.
2007
Quelle actualité en Rhône-Alpes ?, Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône.
Visage ou portrait ?, Univer, Paris.
Marie Madeleine contemporaine, Espace d'art contemporain / Maison de la cure, Saint Restitut.
Portraits et figures dans la création contemporaine, Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône.
2006
Bagarre générale, Galerie IAC , Saint-Étienne.
Transparence(s), Centre culturel Valery-Larbaud, Vichy.
2005
Marie Madeleine contemporaine, Musée de l’Hospice Comtesse, Lille.
2004
Guardare . Narrare . Pensare . Conservare, Casa del Mantegna, Mantoue, Italie.
Marie Madeleine contemporaine, Musée d'arts de Toulon.
Opstanding in de stad, Chapelle Marienburg, Nijmegen, Hollande.
Du corps à l’image, La Fondation d’Art Contemporain Daniel & Florence Guerlain, Mesnuls.
Fragilité - Fragiliteit, Galerie Cartwright, Gand, Belgique.
2003
Support/Papier, Centre culturel Valery-Larbaud, Vichy.
Déchirures de l'histoire, Le 19, Centre Régional d'Art Contemporain, Montbéliard.
ART > LIFE, Galerie Cartwright, Gand, Belgique.
2002
Livres d’artistes, Centre culturel Jean-Pierre Fabrègue, Saint-Yrieix-la-Perche.
Otro capitulo, Galería de Arte Contemporaneo, Puebla, Mexique, avec le soutien de l'AFAA et l'Ambassade de France au Mexique.
2001
le regard du photographe, La galerie de l'artothèque, Bibliothèque de la Part-Dieu, Lyon.
La medida del mundo, Casa de Francia, Ambassade de France, CCC-IFAL, México D.F., Mexique.
Vitraux d'ici, vitraux d'ailleurs, Angle art contemporain, Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Le choix d'un collectionneur,Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône.
Les mains, le monde, Galerie Carousel, Paris.
2000
Le voile de Véronique, Galerie Saint-Séverin, Paris.
Dessins, Galerie Carousel, Paris.
1999
FF, Galerie Carousel, Paris.
Face à Face, Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, Galerie Mansart, Paris.